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NON, CES RÉGIONS N'ONT JAMAIS ÉTÉ « HISTORIQUEMENT » MOSCOVITES. J'ai souvent vu cet argument revenir dans les commentaires. Cette fois, c'est Monsieur Toussaint qui l'utilise. Selon lui : • Donetsk, Louhansk, Zaporijjia, Kherson et la Crimée seraient "historiquement russes". • Leurs habitants seraient russes parce qu'ils parlent russe. • Le gouvernement ukrainien aurait torturé des habitants qui ne se revendiquaient pas comme ukrainiens. Voyons ce que disent les faits. Commençons par la Crimée. Pendant plus de trois siècles, elle a été le territoire du Khanat de Crimée. La Grande Catherine ne l'annexe qu'en 1783. Peut-on sérieusement parler d'une terre « historiquement russe » ? Même chose pour Zaporijjia. Cette région est le berceau des Cosaques zaporogues. L'Empire moscovite détruit leur Sitch en 1775 avant de prendre progressivement le contrôle du territoire. Kherson suit le même chemin. Cette région est conquise par l'Empire moscovite à la fin du XVIIIe siècle, à l'issue de guerres contre l'Empire ottoman. Là encore, il ne s'agit pas d'un territoire « récupéré », mais d'un territoire conquis. Quant au Donbass, il n'a pas toujours été majoritairement russophone. Cette situation est surtout liée à l'industrialisation menée par l'Empire moscovite puis par l'Union soviétique, qui ont attiré des centaines de milliers de travailleurs venus d'autres régions de l'Empire puis de l'URSS. On entend souvent : « Ils parlent russe, donc ils sont russes. » Cet argument ne tient pas. Si le russe est aujourd'hui largement parlé dans une partie de l'Ukraine, c'est parce que l'Empire russe puis l'Union soviétique ont mené pendant des décennies une politique de russification. La langue ukrainienne y avait été progressivement marginalisée. En 1863, la circulaire Valuev a fortement restreint les publications en ukrainien. En 1876, l'oukase d'Ems interdit notamment l'impression et l'importation de nombreux livres en ukrainien. À l'époque soviétique, si vous vouliez faire carrière dans l'administration, l'armée, les universités ou les grandes entreprises, mieux valait parler russe. Des millions de citoyens soviétiques se sont installés dans l'est et le sud de l'Ukraine, renforçant encore l'usage de cette langue. Mais parler une langue ne détermine pas une nationalité. Sinon, les Canadiens francophones seraient français, les Autrichiens seraient allemands et les Suisses italophones seraient italiens. Le meilleur exemple, ce sont les soldats ukrainiens eux-mêmes. Beaucoup parlent russe au quotidien et ça ne les empêche pas, depuis 2022, de combattre les envahisseurs moscovites. Leur langue n'a jamais influencé leur patriotisme. Monsieur Toussaint affirme également que « le régime de Zelensky torturait les habitants qui ne se revendiquaient pas ukrainiens.» C'est une accusation extrêmement grave. Depuis 2014, les Nations unies ont documenté des violations des droits humains dans le conflit, commises par différents acteurs. Elles n'ont jamais conclu à l'existence d'une politique du gouvernement ukrainien consistant à torturer les populations russophones parce qu'elles parlaient russe ou parce qu'elles ne se considéraient pas comme ukrainiennes. À l'inverse, depuis l'invasion de 2022, les enquêtes internationales ont documenté de très nombreux cas de torture, de détentions arbitraires, d'exécutions sommaires et de disparitions forcées dans les territoires occupés par les forces russes. Il y a aussi un détail que les défenseurs de cette thèse oublient systématiquement. En 1991, ce sont les habitants de toutes les régions ukrainiennes, y compris la Crimée, Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson, ont voté en faveur de l'indépendance de l'Ukraine. En 1994, la "Russie" a signé le mémorandum de Budapest et s'est engagée à respecter l'indépendance, la souveraineté et les frontières de l'Ukraine. En 2003, Vladimir Poutine a signé le traité fixant la frontière entre la "Russie" et l'Ukraine. À cette époque, donc, Moscou reconnaissait formellement que la Crimée, Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson font partie de l'Ukraine. Si ces régions étaient « historiquement russes », pourquoi le pouvoir moscovite a-t-il reconnu officiellement qu'elles appartenaient à l'Ukraine en 1991, puis de nouveau en 1994 et encore en 2003 ? Pourquoi Vladimir Poutine a-t-il signé un traité fixant la frontière entre la "Russie" et l'Ukraine si cette frontière n'était pas légitime ? Parce que, jusqu'en 2014, le pouvoir moscovite reconnaissait lui-même que ces territoires font partie de l'Ukraine... Ne me croyez pas sur parole. Vérifiez par vous-même. #Ukraine #Russie #Histoire #PropagandeRusse #StandWithUkraine

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