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Je ne suis pas un surhomme, mais je continue... Sur le forum de Démocratie Participative, la question revient souvent : "Que sont devenus les anciens de l'émission?" Je l'ignore. Mais je souligne que le phénomène est assez courant dans nos milieux. De ceux qui militaient avec moi voilà trente ans à Caen (nous formions alors une bonne équipe), tous, sauf un, ont disparu. Éric, Stéphane, Rémi, Michel, Vincent, Florent, Saturnin, Agnès... tant de souvenirs, d'émotions partagées, des discussions animées, de solstices organisés, de collages, de tractages... et plus rien. Bien qu'il soit très facile de me retrouver sur le Net, je n'ai plus jamais reçu un message. Tous se sont rangés. Je ne les juge pas: à chacun son chemin de vie. Toutefois, je note qu'aucun n'a subi la répression : pas d'amende ni de prison pour son militantisme. Pas de mort sociale non plus ; bien au contraire, c'est la société, ses opportunités (mariage, famille, travail...) et ses obligations (gagner sa vie, payer son loyer ou rembourser son prêt, manger, se vêtir...) qui les ont happés. Voilà pourquoi je suis persuadé que la répression n'explique pas tout, et de très loin. La cause profonde est ailleurs: aussi longtemps que la société offrira des opportunités, aucune révolution nationale et sociale ne sera possible. Ce que j'exprime ainsi: "Tant que les supermarchés seront achalandés, les pompes à essences pleines et les portables en fonctionnement, aucun espoir ne sera permis." Seules les souffrances réelles forment des cohortes de révolutionnaires. Si, en 1932, 40% des Allemands votaient Hitler, ce n'était pas parce qu'ils avaient lu Mein Kampf: c'était tout d'abord pour avoir du travail et du pain, autrement dit pour sortir de la pauvreté, voire de la misère. Nous n'en sommes pas là. Aujourd'hui, même sans travail, les assurances sociales permettent de se procurer du pain et un abonnement Internet. D'où les gouvernants qui étudient la possibilité d'un revenu universel avec une couverture santé. Parallèlement, la démultiplication des divertissements numériques (des jeux aux réseaux sociaux en passant par le streaming) achève de calmer la masse. D'où la 5G qui se met en place, afin de démultiplier les transferts de données qui permettront aux gens de se divertir davantage et aux décideurs de renforcer la surveillance. Il n'y a là aucun "complot". Tout est annoncé dans des rapports disponibles en ligne (par exemple : Converging Technologies for Improving Human Performance, 2002). Et pour ceux qui ne voudraient pas les lire, des auteurs se chargent de les alerter. Je pense à l'ouvrage La croissance verte contre la nature d'Hélène Tordjman (éd. La Découverte, 2021). "Tordjman"... n'est-ce pas un nom juif? Cette Hélène ne serait-elle pas juive? Peut-être... mais je n'ai jamais rejeté une thèse à cause de son auteur. Je juge un argument pour ce qu'il est, pas en fonction de celui qui le dit. Dans nos milieux, on ne comprend pas ma "judéo-indifférence"; on me reproche de ne pas croire au "complot judéo-maçonnique". Il est vrai qu'avec ma non-violence, mon bouddhisme et mon tonglen, je ne suis pas le (sur)homme qui va écraser ses ennemis extérieurs. Mais depuis trente ans, j'ai continué. Malgré les procès, j'ai continué. Malgré la prison, j'ai continué. Pour cela, je me suis exilé; puis dans mon exil, j'ai fui en courant et je me suis caché. Mais je continue et je continuerai jusqu'à la fin. Pourquoi? Parce que même mon combat se déroule à deux niveaux: 1°) au niveau collectif, contre les mensonges incapacitants qui participent à la mort de notre civilisation; 2°) au niveau personnel: le combat révisionniste me fait connaître des épreuves qui me permettent de me dépasser, c'est-à-dire de me bonifier. Voilà pourquoi loin de percevoir ceux qui m'infligent ces épreuves comme des ennemis, je les considère au contraire comme des alliés (qu'ils sont bien malgré eux). Cette vision me permet enfin d'être inaccessible au découragement, car ce qui m'importe n'est pas la grande victoire collective (je n'ai pas le pouvoir de l'assurer), mais les petites victoires personnelles. Un tel combat n'est pas usant. Parce qu'il "ne tourne pas en rond", à ressasser les mêmes haines contre les mêmes ennemis (réels ou supposés) et à être déçu chaque fois que la victoire espérée n'est pas atteinte. Il vous fait au contraire découvrir des horizons insoupçonnés. Je vous souhaite une agréable journée, Vincent

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